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PAROLE DE PIBRACAIS

Témoignage d’un Pibracais ayant assisté à la réunion de présentation du projet COUSTAYRAC

Jeudi 10 octobre j’ai assisté à une réunion de présentation du projet Coustayrac aux Pibracais, à l’initiative des promoteurs et du cabinet d’architecture.

Les promoteurs se présentent brièvement, puis donnent la parole à l’architecte. Sa présentation du projet est idyllique : un havre de paix au milieu d’une nature luxuriante ; des habitants qui circulent à vélo, à pied, en skate-board ; des points d’eau pour ramener la fraîcheur en été ; des parkings en sous-sol qui laissent de la place pour la végétation ; des structures de sport, des commerces, des lieux de travail, une crèche ; le tout estampillé de divers « éco-labels ».

Pour bien appuyer le propos, on nous projette un film d’animation, fait de belles images, de bâtiments à peine visibles au milieu de la végétation et d’arbres aussi hauts que les bâtiments, de personnes et d’enfants qui circulent, avec en fond le chant des oiseaux…

Puis, un promoteur prend la parole, et là il n’est soudainement plus question de poésie. Le ton a changé. Le discours débute avec des rappels assez stricts sur la loi et les obligations des communes tenues à un quota de construction de nouveaux logements tous les ans sous peine de sanctions. Les Pibracais doivent comprendre qu’il faut proposer des logements alternatifs, pour pouvoir accueillir des jeunes ménages au budget faible et proposer du logement social.

La phrase  »Il faut dépasser sa situation personnelle » est prononcée. A ces paroles, on sent que l’assistance se tend un peu. Les Pibracais seraient-ils des privilégiés, incapables de comprendre les enjeux actuels ? J’ai été heurté d’entendre cette leçon de morale.

Très concrètement, le site de Coustayrac, c’est 330 logements et 6000 m2 de bureaux ainsi que 800m² de commerces, un hôtel, ce qui devrait amener près de 1878 véhicules à circuler dans un petit quartier qui ne me semble absolument pas dimensionné pour absorber ce trafic. A ce moment, je ne peux m’empêcher de penser à la zone d’activités de l’Escalette (entre Pibrac et Léguevin) déjà en chantier. J’imagine tous ces véhicules qui ne pourront pas sortir par la nationale 124 déjà bloquée tôt le matin par les arrivées en provenance du Gers.

Pourquoi n’avons-nous pas eu connaissance plus tôt de de ce projet ? Il me semble que ce projet coupe l’habitat du centre-ville, il ne prend pas en compte l’adaptation de la voirie et oublie la question des déplacements.

Quand la parole est donnée au public, les Pibracais posent des questions pertinentes auxquelles je n’avais même pas pensé… Bon nombre d’entre eux ont étudié les 500 pages du dossier.
Mais les documents affichés sont quelque peu différents de ceux à disposition dans les 500 pages sur internet. Le Maire présent a même reconnu qu’il y avait des erreurs dans le dossier consultable… De quoi parle-t-on alors ?

  • Les labels écologiques : surprise d’entendre un intervenant expliquer que ce projet n’en a aucun, après vérification auprès des sites ministériels compétents. Réponse : il est prévu de les demander… Les afficher alors comme obtenus, c’est un peu trompeur.
  • Les parkings souterrains à deux niveaux : une personne relève que le terrain est en zone inondable. Réponse : « Nous descendrons la fondation aussi profond que nécessaire, 6 mètres probablement ». Quand on connaît le coût de tels travaux, on ne peut pas le croire. Ces techniques ne sont pas utilisées pour de l’habitat, les coûts sont beaucoup trop élevés. Une élue de la majorité signale même qu’elle habite à côté du futur projet et qu’elle a de l’eau dans ses caves. Elle aimerait parler en aparté avec les promoteurs.
  • Les infrastructures sportives : il aura fallu que la question soit posée plusieurs fois pour comprendre qu’elles ne sont pas financées par le projet. Elles sont pourtant présentées sur les plans et dans le film. Certes les images ne sont pas contractuelles mais je ressens encore ce sentiment de tromperie.
  • La concertation : le public entend dire que ça fait 3 ans que les promoteurs travaillent sur le projet. Réaction des élus présents de Pibrac… et Vous ! et Union Action Solidarité à Pibrac. Il semble que le projet n’ait jamais été présenté, ni discuté une seule fois en conseil municipal ou en commission d’urbanisme. Toutes les études techniques sont à faire” nous dit-on, “Vous allez trop vite avec toutes vos questions, le projet n’en est pas au stade du dépôt de permis de construire…

Je ressens un malaise quand un promoteur se met à tutoyer le Maire : « Je t’avais bien dit qu’il ne fallait pas que tu viennes ce soir. »

Une question est posée sur le danger que représente le passage d’une importante conduite de gaz sous le terrain de Coustayrac. J’en apprends l’existence ; elle n’est pas matérialisée sur les plans présentés. Réponse du promoteur: « Oui, mais elle passe à côté des constructions, sous les espaces végétalisés », en nous montrant clairement qu’elle passe sous le projet d’hôtel.

Une autre personne soulève l’incohérence entre le projet “nature” présenté et la proximité de la 2×2 voies, source d’une importante pollution. A cela s’ajoute l’aspect visuel : en plus du rez-de-chaussée, l’hôtel aurait 4 étages (R+4) et les habitats trois étages (R+3). Que deviendra la belle vue de la basilique en arrivant à Pibrac ?

Toutes les questions n’ont pas eu de réponse : notamment, les permis de construire seront-ils déposés avant ou après les élections municipales ?

Je sors de la réunion en ayant le sentiment qu’un énorme projet d’urbanisme est en train de surgir, dans la plus grande discrétion, sans en informer les Pibracais, et que les promoteurs n’ont qu’une idée en tête : aller vite, très vite, pour débuter la construction avant qu’une contre-proposition n’ait eu le temps de s’exprimer.

1 comment on “PAROLE DE PIBRACAIS

  1. C’est de l’urbanisme timbre-poste, non intégré, et à grande échelle.
    Pratiquement une ville nouvelle sortie de terre : quel projet aussi soudain !!! C’est brutal !
    Je pousserais même la comparaison avec le « Domaine des Dieux » d’Astérix de René Goscinny et Albert Uderzo. Dans cette histoire, Jules César a un nouveau plan pour soumettre le village d’irréductibles Gaulois : construire un quartier résidentiel romain, des habitations construites à la va-vite pour les y entasser : le Domaine des dieux, dans la forêt environnante, afin de séduire les villageois et les forcer à se conformer au mode de vie de Rome.
    Cette référence est pour certains le symbole du « gauchisme » voire « écologisme » d’Astérix, qui critique ainsi « l’argent, le capitalisme, le goût du profit, l’oppression armée quelle que soit sa nature ». On sait comment cela a fini.

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